Très jeunes enfants (1 à 3 ans)

Savoureuse, saine, nourrissante, colorée : la cuisine végétale est source de découvertes pour les plus petits aussi !

L’alimentation végétalienne est-elle adaptée aux besoins des jeunes enfants ?

Comme pour les nourrissons, de nombreuses institutions reconnaissent l’alimentation végétale comme viable et saine pour les jeunes enfants : c’est par exemple le cas de l’AND (Academy of Nutrition and Dietetics) et du ministère de l’Agriculture américain, ou de la Direction générale de la santé du Portugal. L’Académie royale de médecine de Belgique, quant à elle, a rendu un avis défavorable il y a quelques années, mais cette position a été très critiquée depuis. Toutefois, les critiques adressées au végétalisme chez l’enfant peuvent s’expliquer par la plus grande difficulté à équilibrer une alimentation végétale dans une société où ce cas de figure n’est que peu pris en compte, comme c’est le cas pour la France.

L’alimentation des enfants vegan n’est d’ailleurs pas la seule à nécessiter une attention particulière : on observe que les apports en fer, zinc, calcium, magnésium, vitamines A, B9, C, D, E, et fibres de beaucoup d’enfants (non-végétariens/végétaliens) sont inférieurs aux apports recommandés (Ballew et al., 2000).

Il est aussi intéressant de noter que les risques bactériologiques sont beaucoup moins importants pour les enfants ayant une alimentation vegan : les aliments qu’il est recommandé d’éviter sont presque tous d’origine animale (viande et poisson peu cuits, fromages au lait cru, etc.) (ANSES, 2019).

« Les régimes végétariens ou végétaliens correctement équilibrés couvrent les besoins des nourrissons, des enfants, et des adolescents et favorisent une croissance normale. »
Academy of Nutrition and Dietetics (anciennement ADA, association américaine composée de 100 000 diététiciens)

« Les enfants ont une croissance normale et ont un bon développement en ayant une alimentation végétarienne ou végétalienne, à condition qu’elle soit équilibrée et correctement supplémentée. »
Académie de pédiatrie américaine (composée de 60 000 pédiatres), 2004.

« Les enfants peuvent suivre une alimentation végétalienne/végane, à condition que celle-ci comporte des produits enrichis, qu’elle fournisse suffisamment d’énergie et qu’elle soit équilibrée. »
Livsmedelsverket (équivalent suédois de l’ANSES)

En France, le PNNS (Programme national nutrition santé) indique que l’alimentation végétalienne convient aux enfants bien qu’elle puisse être difficile à équilibrer… mais sans donner d’indications sur la façon de l’équilibrer (à l’exception de la B12).

Où les enfants trouvent-ils tout ce dont ils ont besoin pour bien grandir ?

Une consommation régulière de légumineuses et d’oléagineux leur assure un bon apport en protéines, qui complète celui du lait maternel ou du lait 2e âge.

Les enfants en pleine croissance trouvent tout le calcium dont ils ont besoin dans le lait maternel, les préparations pour nourrissons « de croissance » ou « 2e âge » et les laits végétaux (de préférence de soja) enrichis en calcium, ainsi que dans certains légumes à feuilles (notamment les choux) et les oléagineux (amandes, sésame).

Attention : les laits végétaux classiques, en particulier le lait de soja, sont d’excellents aliments à intégrer lors de la diversification mais ne sont pas des équivalents au lait maternel ou aux préparations infantiles de suite.

Les végétaux permettent d’apporter tout le fer dont les enfants ont besoin : les céréales enrichies (poudres pour bébé, céréales pour le petit déjeuner), le lait maternel ou maternisé, les légumineuses, les oléagineux, les légumes à feuilles et le lait de soja sont tous d’excellentes sources de fer. Consommer des aliments riches en vitamine C pendant les repas accroît fortement l’assimilation du fer des végétaux. Une consommation régulière de légumes et de légumineuses garantit aussi un bon apport en vitamine B9 (vitamine également apportée par la VEG1).

Les lipides, un nutriment crucial pour le développement des enfants

Les apports recommandés en lipides pour les enfants en bas âge sont de 45 % à 50 % de l’apport énergétique (ANSES, 2011), soit davantage que pour les adultes (35 % à 40 %) ; leur alimentation doit donc être plus grasse. Les besoins en acides gras essentiels des enfants en bas âge sont les mêmes que ceux des nourrissons :

  • AL (oméga-6) : 2,7 % de l’AE (apport énergétique) ;
  • ALA (oméga-3) : 0,45 % de l’AE ;
  • DHA (oméga-3) : 70 mg par jour jusqu’à 2 ans.

En pratique, une cuillère à soupe d’huile de noix ou de colza par jour répartie sur les différents repas suffit à combler les besoins en oméga-6 et oméga-3.

Même si le DHA peut être synthétisé à partir de l’ALA (autre oméga-3), l’ANSES recommande d’en consommer car il a une grande importance dans le développement et la croissance des jeunes enfants : entre 0 et 2 ans, la masse du cerveau est multipliée par 3. L’apport recommandé peut être atteint par :

  • l’allaitement maternel,
  • les laits infantiles enrichis en DHA,
  • le contenu d’une capsule d’huile d’algues deux fois par semaine, à percer et à verser dans l’alimentation (par exemple Opti3, disponible en boutiques spécialisées).

Comprendre et assurer la supplémentation des très jeunes enfants

Une alimentation végétale équilibrée doit inclure au minimum un complément de vitamine B12. La vitamine D et l’iode sont deux autres nutriments cruciaux à inclure dans la supplémentation des jeunes enfants.

Pour un bon développement physique et mental, ils ont besoin d’absorber chaque jour :

Vitamine B12 10-40 µg
Vitamine D 800-1000 UI
Iode 75-90 µg
DHA, jusqu’à l’âge de 2 ans (conseillé) 70 mg
Données ANSES et Veganhealth compilées

 

½ comprimé de VEG1 fournit 5 µg de B12, 400 UI de vitamine D et 75 µg d’iode. La VEG1 peut être complété par une goutte par jour de Stérogyl (pour fournir en tout 800 UI/j de vitamine D) et le contenu d’une capsule d’Opti3 (source d’oméga-3), deux fois par semaine, percée et versée dans l’alimentation (disponible en boutiques spécialisées).

Il vaut mieux compléter l’apport en vitamine D avec du Stérogyl plutôt que de donner un comprimé entier de VEG1 qui contient trop d’iode par rapport aux recommandations pour cet âge.

Les très jeunes enfants doivent-ils boire du lait ?

Les enfants peuvent être allaités aussi longtemps que la mère et l’enfant le souhaitent. Si l’enfant n’est plus allaité, vous pouvez lui donner du lait végétal infantile dit « 2e âge » ou « de croissance », et/ou du lait de soja enrichi en calcium. Les quantités recommandées par le PNNS pour le lait infantile 2e âge sont de 500 ml par jour.

Le lait de soja est particulièrement riche en fer (1,2 mg par verre) et celui-ci est bien assimilable, alors que le lait de vache ne contient pour ainsi dire pas de fer (0,04 mg par verre). Il faut noter que s’il est consommé en grande quantité, le calcium peut réduire l’absorption du fer. C’est pourquoi la consommation excessive de lait de vache est souvent à l’origine de carences en fer chez les enfants : comme il est très pauvre en fer, l’impact négatif du calcium sur l’absorption du fer n’est pas compensé. Il peut également être à l’origine d’irritations et de saignements de la paroi intestinale (Ziegler, 2011). Bien sûr, cela ne change en rien l’importance des apports en calcium qui sont cruciaux pour les jeunes enfants.

Mieux vaut privilégier le lait de soja aux autres laits végétaux, car il est plus riche en protéines et en micronutriments, notamment en fer.

Soja et alimentation des très jeunes enfants

Au niveau nutritionnel, les préparations 2e âge à base de soja sont considérées comme équivalentes à celles à base de lait de vache. À ce jour, les enfants qui ont été nourris avec ces préparations ont eu une croissance normale et ont grandi sans aucun problème de santé particulier.

En dehors des préparations infantiles, l’ANSES recommande de limiter la consommation de soja chez les enfants de moins de 3 ans. Cependant, d’autres avis et données viennent appuyer le fait qu’une consommation de soja pendant l’enfance et/ou l’adolescence peut avoir un effet protecteur sur le cancer du sein. Il semble raisonnable de mettre à disposition quelques aliments à base de soja lors de la diversification alimentaire de votre enfant : comme toutes les légumineuses, le soja présente de nombreux atouts nutritionnels. Comme pour tout autre aliment, il est préférable de ne pas en consommer excessivement et d’avoir une alimentation la plus variée possible.

Comment équilibrer l’alimentation d’un jeune enfant ?

Les recommandations suivantes sont bien sûr à adapter en fonction de l’appétit de l’enfant, de son poids, de son activité physique, de ses allergies, de ses goûts… L’appétit des enfants est généralement ajusté à leurs besoins, et les portions pour enfants sont à peu près moitié moins grandes que celles des adultes.

Un bon moyen de fournir aux enfants l’énergie dont ils ont besoin est de leur donner des collations et d’ajouter à leur alimentation des aliments sains, savoureux et énergétiques, comme les légumineuses et les oléagineux. Comme pour les adultes, il est recommandé de privilégier les céréales complètes : plus riches en micronutriments et en fibres, elles ont également un index glycémique bas. Cependant, il est possible qu’une alimentation riche en fibres chez les enfants provoque un sentiment de satiété trop rapide. Dans ce cas de figure peu fréquent, il est possible de diminuer l’apport en fibres en privilégiant les céréales blanches.

Le livre Nourrir son enfant autrement est un ouvrage très complet, qui décrit de manière détaillée comment équilibrer une alimentation végétale chez les plus jeunes.

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Groupe Nombre minimum
de portions par jour
Taille approximative des portions enfant
Céréales et féculents 6
  • ¼ à ½ tranche de pain
    (une tranche de pain pèse environ 30 g)
  • ¼ à ½ tasse de céréales cuites (dont pâtes)
Légumineuses 1
  • ¼ à ½ tasse (1 tasse = 250 ml)
Oléagineux
(à mixer ou piler pour prévenir
tout risque d’étouffement)
1
  • 1 à 2 càs de beurre d’oléagineux
  • 1 à 2 càs de fruits oléagineux pilés
  • 4 à 6 càs d’avocat
Légumes 2
  • ½ à 1 tasse (crus)
Fruits 3
  • 50 g de fruits frais ou de compote
  • ¼ à ½ tasse de jus
Matières grasses 3-4
  • 1 càc d’huile ou de margarine
Lait maternel ou maternisé
ou de soja enrichi en calcium
3
  • 15 cl (un petit verre) à 25 cl (une tasse)
Vitamine B12, vitamine D, iode ½
  • comprimé de VEG1

L’importance de la diversification alimentaire

La diversification alimentaire est une étape cruciale pour l’enfant, et elle influencera ses goûts et habitudes alimentaires jusqu’à l’âge adulte. Il est donc important de lui présenter une grande variété d’aliments assez tôt sans lui forcer la main : la contrainte et la pression ont des effets négatifs sur le long terme qui sont très bien connus. Il convient donc de ne pas exercer un contrôle parental excessif lors de la diversification alimentaire (ANSES, 2019).

Au sujet de la consommation de sel, l’avis le plus récent de l’ANSES montre que la consommation de sodium est trop élevée chez les jeunes enfants dans la majorité des cas (ANSES, 2019). Par ailleurs, habituer les enfants à une alimentation peu salée dès leur plus jeune âge a de grandes chances de limiter leur consommation de sel à l’âge adulte (ANSES, 2019).

Petites astuces pour aider les enfants à diversifier leur alimentation

Si de petites astuces aident les enfants à mieux accepter de nouveaux aliments ou de nouvelles préparations, n’oubliez pas que les repas doivent avant tout se dérouler dans le calme, avec patience et bienveillance ! Vous pouvez* :

  • Agir par l’exemple : déguster le plat nouveau devant lui.
  • Couper les nouveaux légumes en petits morceaux et les incorporer à un plat apprécié.
  • Inversement, servir le nouvel aliment nature, s’il n’aime pas trop les mélanges.
  • Introduire les nouveaux aliments en petite quantité, accompagnés d’aliments connus.
  • Proposer de manger avec les doigts.
  • Essayer différentes présentations, différentes couleurs (pour les haricots, par exemple).
  • Essayer différentes recettes et différentes cuissons.
  • Diluer les aliments au goût fort (comme les choux) avec des aliments neutres (comme le tofu).
  • Renouveler les essais : ce n’est pas parce qu’un enfant a rejeté une fois une nouveauté qu’il n’en voudra pas une dizaine ou une quinzaine de jours plus tard. Il faut parfois une dizaine d’essais avant qu’un enfant accepte un nouvel aliment (Richard et Myers, 2006).

Attention, les risques d’étouffement sont réels si les très jeunes enfants avalent des morceaux trop gros.
Il convient donc de ne pas leur donner de popcorn, de carottes crues entières, ni de bonbons ou de chewing-gum.

Les amandes et autres oléagineux doivent être pilés ou mixés en purée, puis étalés finement sur du pain ou bien dilués dans des préparations (ne pas les donner à la cuillère, ni entiers).

Côté fruits, les fruits durs (pommes…) doivent être coupés en petits morceaux, les pépins et noyaux des fruits enlevés, et les tomates cerises coupées en quatre. Les saucisses végétales sont aussi à couper en petits morceaux.

* Adapté de Mangels et Messina, 2011, p. 366.

À la crèche

La plupart des crèches offrent la possibilité d’adapter la nourriture qu’ils proposent aux enfants lors des repas : la gestion des spécificités alimentaires comme les allergies est incontournable. Certaines crèches seront donc en mesure de répondre à votre demande si vous souhaitez que votre enfant y soit nourri avec une alimentation végétale. Comme bien souvent, la communication sera le maître mot dans vos échanges.

Montrer que vous êtes informés et au fait des recommandations existantes concernant l’alimentation végétale chez les jeunes enfants (voir les paragraphes ci-dessus) pourra aider la prise en charge de votre enfant et est un gage de sérieux pour vos interlocuteurs. N’oubliez pas que le bien-être de votre enfant est la priorité et que parfois le compromis peut être la meilleure option. Par exemple, il pourrait être préférable dans certains cas d’accepter que les repas soient simplement végétariens, ou alors d’apporter les repas de votre enfant à la crèche. Gardez à l’esprit que conserver de bonnes relations avec l’établissement est primordial pour pouvoir maintenir le dialogue à ce sujet et garder un environnement agréable pour votre enfant.

Pour aller plus loin

Références scientifiques

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