Les alternatives à la soie

Est-il éthique d’acheter de la soie ?
Nikita
Le saviez-vous ?
Plusieurs espèces d’araignées et de chenilles produisent aussi de la soie.

La production de la soie implique le massacre de millions de chenilles.

Mais de nombreuses alternatives existent qui permettent de retrouver douceur, chaleur, brillance et élégance sans cruauté ! Si certaines ont fait leur preuve depuis longtemps, de nouveaux matériaux très prometteurs commencent à être commercialisés.

Patrick Barry

La fabrication de la soie

La vie des vers à soie se déroule normalement selon le processus suivant : œufs, chenille, chrysalide, papillon, reproduction. Les chenilles vivent 30 jours et le papillon deux semaines.

Dans l’industrie de la soie, les chenilles (appelées « vers ») sont systématiquement tuées lors de la production de la soie. Seule une infime partie est temporairement épargnée, pour la reproduction.

Entre son éclosion et le moment où il fabrique son cocon de soie, soit 25 jours, le poids du ver à soie augmente 1 000 fois et sa taille 4 fois. Il est nourri avec les feuilles du mûrier, dont il fait une très grande consommation.

Pour se transformer en papillon, la chenille tisse autour d’elle un cocon composé d’un seul fil de soie dans lequel elle va se métamorphoser. Pour sortir, elle perce au bout de deux semaines le cocon qui est alors traditionnellement considéré comme inutilisable par les fabricants. Environ 10 jours après que les chenilles les aient tissés et peu avant leur éclosion, les cocons pleins sont donc ramassés, triés, puis étouffés dans des étuves de 70 à 80°C avant d’être plongés dans de l’eau bouillante.

Coincées dans leur cocon, les chenilles sont tuées. Les cocons sont ensuite débobinés pour confectionner la soie. 6 600 vers à soie sont tués pour obtenir un seul kilogramme de soie.

De plus, d’après l’association PeTA, la soie est souvent produite en Chine ou en Inde par des entreprises qui ne respectent pas forcément les droits des travailleurs et peuvent employer des enfants.

Armin Kübelbeck

Les vers à soie souffrent-ils ?

De récentes études confirmeraient l’hypothèse selon laquelle de nombreuses espèces d’insectes et d’invertébrés ressentent la douleur et possèdent une forme de conscience.

Les données à ce propos sont encore peu nombreuses, et parfois contradictoires. Il est évident qu’il s’agit d’un sujet très complexe et qu’un consensus a peu de chances d’émerger à court terme. Leur souffrance étant une hypothèse très plausible, il est préférable de s’abstenir d’acheter de la soie, dont il est en plus très facile de se passer.

P. Gibellini

De la soie non violente ?

Certains fabricants vendent de la soie dite « pacifique », « non violente » ou « ahimsa », et assurent que les papillons sont sortis des cocons avant leur ébouillantage. PeTA relève cependant qu’il n’existe aucun organisme de certification susceptible de le garantir et que de la soie conventionnelle peut être vendue sous ces appellations.

PeTA relève également que le groupe Beauty Without Cruelty India a observé un producteur de ce type de soie faire pondre les femelles enfermées dans des bacs, tandis que les mâles étaient mis dans un réfrigérateur dont on ne les sortait que pour la reproduction, avant de les tuer.

Quand bien même ces industries relâcheraient les papillons, on peut légitimement se demander quelles sont leurs chances de survie, et ce d’autant plus que la soie est très souvent fabriquée par le papillon Bombyx mori, espèce qui n’existe pas à l’état sauvage mais qui résulte de la sélection génétique.

L’asclépiade ou "soie" d’Amérique, l’amie des papillons

C’est une nouveauté très prometteuse dans le monde du textile ! La « soie » d’Amérique est produite au Québec à partir du fruit soyeux de l’asclépiade, une plante herbacée également appelée « soyer du Québec ».

L’asclépiade donne une fibre chaude, souple, résistante, hydrophobe et exempte de cruauté. Cette nouvelle fibre permet de confectionner notamment des vêtements chauds repoussant l’humidité et des isolants thermiques et acoustiques. Elle pourrait aussi remplacer les rembourrages en duvet, et même servir à éponger des déversements pétroliers à la place des rouleaux de polypropylène.

En plus, le soyer du Québec est la plante hôte du papillon monarque, un papillon migrateur qui se déplace du Mexique jusqu’au Québec – soit un voyage de plus de 4 000 km – et dont la population décline de façon inquiétante. L’asclépiade était en effet souvent considérée comme une mauvaise herbe et détruite. Désormais cultivée, elle assure la subsistance de ces papillons, qui font l’objet de protections.

En savoir plus sur l’asclépiade

La viscose

Cette fibre est l’alternative la plus répandue. Elle ressemble à la soie au niveau de la texture, mais ses propriétés se rapprochent davantage de celles du coton. Elle fixe bien les couleurs, se froisse peu et est très utilisée dans le prêt-à-porter, seule ou mélangée à d’autres composants, dont le coton ou parfois la soie.

Mica Chell

Le satin

Le satin n’est pas une matière mais un mode de tissage particulier, qui lui donne un aspect brillant à l’endroit et mat à l’envers. On peut donc trouver du satin fait de divers matériaux. S’il s’agit généralement de satin de nylon, on trouve aussi du satin de soie, coton ou polyester. Le satin est très doux, souple et réfléchit admirablement bien la lumière. Sa souplesse le rend par contre difficile à coudre.

Le taffetas

Ce tissu fin peut être 100 % polyester ou comporter de la soie. C’est une matière raide et infroissable, brillante et lisse, souvent choisie pour des robes, notamment celles de mariée, des vestes et pour l’ameublement. D’aspect, il ressemble au satin, mais il a plus de tenue et se prête parfaitement aux volumes.

Le sabra

Ce tissu, qui imite la soie par sa brillance et son toucher, est parfois appelé « soie végétale ». Autrefois fabriqué avec les fibres de l’aloe vera, il est aujourd’hui essentiellement composé de viscose ou autres matières. Il convient donc d’être vigilant, d’autant plus que la composition du sabra peut être indiquée « 100 % végétal » et contenir quand même un pourcentage de soie ou de laine. Le sabra est en expansion, notamment dans l’artisanat marocain.