Pour les humains

Les humains aussi souffrent des conséquences de l’élevage, mais ce n'est pas une fatalité : à nous d'agir.
Le saviez-vous ?
Une baisse de la production de viande entraînerait une baisse du cours mondial des denrées végétales.

Un très grand nombre de terres cultivables sont utilisées dans le seul but de nourrir les animaux d’élevage, alors que 800 millions d’humains souffrent de malnutrition. L’élevage et la consommation de produits carnés alimentent ainsi le gaspillage de ressources, accaparées par les uns au détriment des autres.

Dans un autre domaine, la plupart des professions liées à l’élevage ou à la pêche sont des métiers difficiles : les éleveurs sont astreints 365 jours par an, les ouvriers d’abattoirs sont cassés rapidement et les pêcheurs ont aussi des conditions de travail très éprouvantes.

Au final, tout le monde y perd : les humains et les autres animaux.

L'élevage est un gaspillage de ressources

Actuellement dans le monde, les ⅔ des terres agricoles sont consacrées à l’élevage ou à la production d’aliments pour le bétail. Près de 85 % de la production mondiale de soja est destinée à l’alimentation animale ; en France, la moitié de la production de céréales est destinée à l’alimentation animale.

Il faut beaucoup plus de terres agricoles pour produire de la viande que pour produire des céréales ou des légumineuses directement destinées à l’alimentation humaine. Par exemple, il faut 323 m2 de surface agricole pour produire un kilo de viande de bœuf avec fourrage, tandis que 16 m2 suffisent pour produire un kilo de pain. L’élevage constitue ainsi un énorme gaspillage des ressources.

Une baisse de la production de viande entraînerait une baisse du cours mondial des denrées alimentaires, favorisant ainsi l’accès des populations vulnérables à l’alimentation.

Aujourd’hui, environ 800 millions d’humains souffrent encore de la malnutrition ; pour un monde plus juste, végétalisons notre alimentation !

→ Élevage et sous-alimentation
Amnesty International, Un commerce qui affame

Le métier d’éleveur

Le métier d’éleveur impose des horaires difficiles, c’est également un métier éprouvant et qui peut être dangereux. C’est une profession en profonde mutation, et l’agriculture a subi plus de changements ces dernières décennies que depuis des siècles, se spécialisant et devenant de plus en plus intensive : élevages de dizaines voire centaines de milliers de poules pondeuses ou poulets, milliers de lapins, “ferme-usine” des 1000 vaches ou des 1000 veaux

Malgré des subventions publiques conséquentes, les éleveurs subissent de terribles pressions économiques, un facteur parmi d’autres pour expliquer la surmortalité par suicide dans ce secteur professionnel.

Pour tenter de rester compétitifs, les éleveurs sont poussés à investir dans de plus en plus de technologies de précision et certains s’endettent lourdement.

De plus, les éleveurs sont souvent montrés du doigts dans le cadre de diverses pollutions (marées vertes ou autres), alors qu’ils ne font que répondre à la demande massive en produits animaux.

Travailler en abattoir

Dans la majorité des abattoirs, les ouvriers – qui sont les bras armés des consommateurs – subissent des cadences infernales et des conditions de travail dangereuses, physiquement et psychologiquement éprouvantes. Le turn-over y est conséquent, les drogues et l’alcoolisme font des ravages. En 2015, Oxfam a révélé que, faute de “pauses-pipi” suffisantes, des employés d’abattoir de volailles aux États-Unis se résolvaient à porter des couches.

En France, deux journalistes, infiltrés dans des abattoirs, témoignent et racontent les tendinites chroniques, le stress, le vacarme assourdissant, la chaleur étouffante, l’ennui sans fin, les brimades… Bérangère Lepetit rapporte son expérience dans Un séjour en France. Chronique d’une immersion (2015) et Geoffrey Le Guilcher dans Steak Machine (2017). L’un et l’autre parlent de l’abattoir comme d’une “planète à part”, et Le Guilcher a d’ailleurs surnommé l’abattoir où il a travaillé “Mercure, car il y fait chaud, on s’y bousille la santé et c’est une petite planète. Les habitants de Mercure ont un point commun : ils ont muté”.

Dans les abattoirs, le travail à la chaîne est segmenté en tâches spécialisées, ce qui déresponsabilise les ouvriers qui ne sont plus que les minuscules rouages d’une énorme machine à tuer que rien n’arrête. Le Guilcher ne décèle pas la moindre trace de sadisme chez les tueurs, et tuer est un acte accompli dans l’indifférence. Pourtant, même s’ils ne parlent guère de la violence de leur travail et des “ratés”, les animaux dépecés vivants, ces “revenants hantent les cauchemars des ouvriers”. Certains rompent l’omerta et témoignent, comme Mauricio Garcia-Pereira, employé à l’abattoir de Limoges, qui n’en pouvait plus de jeter à la poubelle des fœtus de veaux.

Des films comme Entrée du personnel ou Saigneurs donnent un aperçu du quotidien des ouvriers d’abattoirs.

→ Lire le témoignage de Virgil Butler,
Dans le crâne d’un tueur

Reconversions

Les subventions publiques qui soutiennent actuellement l’exploitation animale pourraient être utilisées pour une réorientation de la production et de l’emploi.

Les acteurs des filières de productions animales pourraient ainsi bénéficier d’aides à la reconversion. Ces aides pourraient également soutenir le développement des productions végétales, qui ont un très fort potentiel de débouchés.

Les professionnels de santé pourraient bénéficier d’une formation sur l’alimentation vegan : à l’heure actuelle, ce sujet est pratiquement absent des recommandations officielles et n’est pas abordé lors de la formation initiale en médecine. Les professionnels de la restauration pourraient, quant à eux, être formés à la gastronomie vegan et apprendre à élaborer des menus équilibrés sans produits d’origine animale.

Transition vers une alimentation plus végétale

Un monde plus juste pour tous

Dans son livre Manifeste Animaliste. Politiser la cause animale (2017), la philosophe Corine Pelluchon souligne :

“Parce qu’un monde plus juste envers les animaux est aussi un monde meilleur pour les humains, il est important que cette reconversion ne soit pas vécue comme une peine ou une punition, mais qu’elle soit pour eux [ceux qui travaillent dans des secteurs de l’exploitation animale] l’occasion de s’épanouir et d’avoir de l’estime pour eux-mêmes.”